RÉFLEXIONS - Vers la fin du hard discount dans l'alimentaire?

Publié le 10 Juillet 2015

Crédit image: Les Astuces Conso ® / F. Pierrat

Crédit image: Les Astuces Conso ® / F. Pierrat

La branche low-cost ou hard-discount du secteur de la grande distribution alimentaire serait-elle en train de disparaître? C'est la question que l'on peut se poser depuis quelques années avec de nombreux arguments que nous allons développer.

Un recentrage de certaines enseignes discount vers la vente dite "classique"

En 2012, Lidl a annoncé vouloir s'éloigner du hard discount pour se rapprocher de ses concurrents classiques (Carrefour, U, Auchan, Leclerc...) avec une montée en gamme de ses produits. Cela passe notamment par la vente de grandes marques dans les rayons, mesure mise en place dès 2006 dans les magasins français de l'enseigne allemande. Autre nouveauté dans les magasins à l'enseigne jaune et bleue, la mise en place d'un rayon boulangerie depuis 2012 avec du pain et des viennoiseries "fraîches" pour les clients. Ici, le but est clairement d'attirer de nouveaux types de clients qui ne venaient pas avant dans les magasins discount, des clients qui regardent moins les prix mais qui recherche plus de qualité dans les produits.

Et pour les attirer, Aldi, Lidl et Leader Price vendent une gamme de produits bio dans leurs rayons. Cette dernière comme on l'a vu l'année dernière vient souvent de l'étranger et est encore très restreinte (voir la rubrique Dans le même sujet) contrairement à certaines enseignes de la grande distribution classique.

Au dernier salon de l'agriculture, Lidl a communiqué sur le fait qu'il était "ambassadeur du Made in France" lors du salon en annonçant que 70% des produits vendus chez Lidl sont fabriqués en France:

Crédit image: Lidl

Crédit image: Lidl

Les enseignes discount jouent aussi sur la proximité pour attirer de nouveaux clients: des magasins de plus petites tailles dans les grandes villes (Leader Price Express crée en 2015). Le but est d'allier proximité et prix "bas". Ce n'est plus du hard-discount mais du "soft-discount".

Une concurrence féroce avec la grande distribution classique

Sur certains produits, les discounters sont même parfois plus cher que certaines enseignes de la distribution classique comme le montre cette publicité de Carrefour en 2010:

RÉFLEXIONS - Vers la fin du hard discount dans l'alimentaire?

On peut bien sûr s'interroger sur cette affirmation puisqu'en regardant de plus près les "petites lignes" on y découvre que les prix d'une trentaine de magasins de chaque enseigne ont été comparés sur une période d'une semaine seulement...

Depuis quelques années, Lidl communique beaucoup via la publicité dans la presse, à la radio et à la télévision ce que ne faisaient pas normalement les discounters il y a quelques années.

Les enseignes classiques n'hésitent pas également à étendre leur gamme de produits dits "premiers prix" avec des désignations comme Pouce (Auchan), Éco+ (Leclerc), Top Budget (Intermarché) ou encore Tous les jours (Casino et Monoprix) pour jouer sur le terrain des discounters. Carrefour n'hésite pas carrément à induire le consommateur en erreur avec la marque premier prix Carrefour Discount. Auchan a même décider en 2005 de créer dans ses rayons une nouvelle gamme supplémentaire de produits: le self discount avec exactement la même mise en place en rayon qu'un discounter classique ainsi que des prix à peu près similaires. Et dernièrement en avril 2015, Monoprix a décidé d'implanter une espace dit hard discount dans ses magasins, surprenant pour pour l'enseigne!

Une enseigne discount en difficulté: Dia

Mais le marché n'est pas rose pour tout le monde au pays du hard-discount. Dernier exemple en date: la fin en France de l'enseigne espagnole au pourcentage sur fond rouge: Dia. Cette dernière en difficulté financière a du être revendue au groupe Carrefour qui prévoit que la quasi totalité des 813 magasins rachetés passent à moyen terme sous une nouvelle enseigne dite "soft-discount". À voir si ce nouveau modèle portera ses fruits pour les magasins de l'enseigne...

Conclusion:

On voit que les arguments sont nombreux pour annoncer la fin du hard-discount qui a souffert il y a quelques années d'une mauvaise image: produits de mauvaises qualité, condition de travail dans les magasins déplorables... Mais il ne meurt pas complètement, les enseignes du secteur tentent de créer un nouveau type de discount, le soft-discount: plus de produits de grandes marques, plus de magasins de proximité, moins de placement de produits sur les fameuses palettes ainsi que sur des cartons... pour tenter d'attirer une nouvelle clientèle, avoir meilleure réputation et répondre à la concurrence de plus en plus forte des enseignes de la grande distribution classique qui élargissent leurs gammes de produits.

Pour toute remarque ou suggestion, ça se passe dans la rubrique Contact.

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Rédigé par Florian Pierrat

Publié dans #alimentation, #réflexions